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Le sortilège du thé

Je ne sais pas pourquoi mais le mot cérémonie ne voulait pas venir. Donc, au lieu de cérémonie, sortilège, ça sera.

Va pour le sortilège du thé. Comme si boire du thé jetait un sort. Et quel sort, on pratique alors le saut dans le temps, dans la mémoire des souvenirs.

Je ne sais pas où remonte ce goût pour le thé.

Le thé, c’est le moment du goûter. Il y a le thé et les petits gâteaux qui vont avec. L’odeur des gâteaux tous chauds sortis du four plane encore dans l’air. On se croirait aux quatre heures du mercredi après-midi à la maison quand on se mettait en cuisine.

Le thé, c’est aussi un moment de partage. Un moment à chaque fois unique. L’occasion – encore une – de se retrouver autour de la table pour discuter. Rien qu’à étudier les bols dépareillés. Ça vaut son pesant d’or. Tiens, passe-moi le tien, je l’aime mieux. Chacun ses maniaqueries…

Rien qu’à faire chauffer l’eau, choisir le thé, sortir les bols. Peu à peu, la magie opère. A vrai dire, le temps s’arrête.

Il n’y a pas d’heure pour le thé.

Boire un thé, tenir la tasse ou le bol chaud entre les mains, ça réchauffe les mains et le cœur. Un brin réconfortant de sentir la chaleur au creux des mains. Ça sent la pause à plein nez.

Selon le parfum qui en émane, on peut se retrouver ici ou là. On peut se voir transporter illico dans un salon anglais, un peu sombre avec une petite lumière de chevet au coin de gros fauteuils confortables où l’on peut s’installer en travers. Ou dans une comédie romantique, où la princesse attend son prince charmant dans un café, une rose coincée dans un livre en guise de marque-page. Ou sur un banc au milieu des cerisiers en fleurs au Japon.

Il est des cadres où l’on prend son thé, qui sont plus propices que d’autres à l’évasion. Certains salons de thé invitent à traîner, à discuter de choses et d’autres jusqu’à point d’heure. On oublie le temps en buvant le thé, c’est une constante.

A bien y regarder, on peut voir la fumée chaude qui s’échappe de la tasse dans le rayon du soleil qui descend dans la rue.

Doucement, on vide la tasse. Ça brûle si on se précipite pour boire. Bande de gourmands.

La tasse est finie, on remballe tout l’attirail. Le sortilège s’annule. Vous pouvez reprendre le cours des choses et attaquer la soirée dans les meilleures dispositions.

 Par Cloé Przyluski

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