Étiqueté transition énergétique

Quelle place pour l’écologie? – Revue de presse du 6 au 12 octobre 2014

La semaine passée, j’ai sélectionné quelques infos pour vous. Dans cette revue, on parle consommation collaborative, transition énergétique, écologie, travail, économie, mobilité.

INITIATIVES_ Les fruits du voisin consiste à échanger des fruits entre voisins. L’opération a particulièrement bien pris à Fontenay-les-Briis dans l’Essonne où l’on troque non seulement les fruits, mais aussi les légumes, les confitures et les boutures, un vrai troc végétal.

L’échange entre voisins porte aussi sur les outils de bricolage ou de jardinage, des ustensiles de cuisine, des livres, un accès WiFi, etc… En témoigne les 100 sites existants, recensés par le blog de la consommation collaborative. Mention spéciale pour le projet suisse Pumpipumpe découvert sur le blog Ecoloinfo, traduit par « prête moi ta pompe à vélo », qui invite à coller sur sa boîte aux lettres des stickers indiquant les objets que l’on veut bien à prêter à ses voisins. Non seulement pratiques, les autocollants sont vraiment sympas.

Pumpipumpe

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Les petits « riens » qui font que le monde change

Chaque jour, les médias livrent leur lot de nouvelles initiatives, tendances et autres évènements au service d’une économie plus sociale, plus solidaire, plus responsable. Voilà mon repérage de ces derniers mois …

TRANSITION ENERGETIQUE_ Dans le cadre du grand débat sur la transition énergétique, France Info a diffusé un cycle d’émissions sur la commune de Montdidier (Somme), véritable laboratoire de la transition énergétique.

ART PERFORMANCE ACTION_ Docnews, site au service de l’actualité de la communication, a présenté le 4 juin 2013, une artiste, Yolanda Dominguez, qui s’engage en faveur d’une production et d’une consommation plus responsable. Suite à  la catastrophe industrielle du Bengladesh du 24 avril 2013, elle a mis au point une performance morbide d’une vingtaine de minutes, baptisée Fashion victims. A proximité  des boutiques Mango, Zara et H&M Wizard sur la Gran Via de Madrid, vous pouviez voir de jeunes fashionistas étendues sur le sol, un pan de bitume les écrasant. http://www.docnews.fr/actualites/dans-monde,victimes-mode,36,17409.html

JARDIN POTAGER URBAIN_ Le journal officiel des banlieues a mis à l’honneur l’association Jardicité. A Villejuif, en banlieue parisienne, Jardicité, à l’initiative de Stéphane Kulesza, a développé une micro-production locale de fruits et légumes biologiques sur une douzaine de jardins, laissés en friche par des voisins. Celui-ci s’occupe des jardins, en échange l’association garde l’essentiel des récoltes destiné à la vente. Au sein de la communauté locale chacun s’y retrouve : les jardins sont cultivés et les habitants savent d’où vient ce qu’ils mangent.

Les Incredibles Edible ou en français les Incroyables Comestibles, vous connaissez ? C’est un phénomène répandu un peu partout dans le monde avec 250 communautés qui consiste à transformer l’espace public urbain en jardin potager gratuit et accessible à tous. Pour vous lancer, la méthode en 5 étapes.

HABITAT_ Youphil présente la tendance du cloud-housing en Espagne. Le concept est simple: rendre la vie plus facile, notamment en tant de crise. Les habitants disposent d’un appartement au sein d’un immeuble et partagent des espaces communs comme la garderie, la buanderie, la bibliothèque ou encore des potagers sur le toit. En d’autres termes, de l’habitat groupé.

INNOVATION TECHNOLOGIQUE _ Vu sur Netpublic le 2 juin 2013. Les fablabs n’en finissent pas de faire des émules. L’association Limouzi Lab, dont l’objectif est d’ouvrir un fablab à Limoges, a même mis en place un blog afin de faire partager son expérience en matière de création d’un fablab. Comment créer un fablab en 7 jours ? La réponse est là.

Un chargeur de batterie solaire à retenu mon attention : le Waka waka. Ce pour deux raisons : d’une part, il est constitué de matériaux à faible empreinte carbone et est 100 % recyclable et d’autre part, lorsque vous en achetez un, vous en donnez un à une personne en situation de précarité énergétique, par le biais de la Waka Waka Foundation.

HUMANITE_ Les valeurs d’humanité et du bien vivre ensemble se font une place de choix dans le modèle d’avenir de notre société, imaginé par un nombre croissant de penseurs de notre époque.

Le 14 juin, un petit ouvrage de 40 pages a été publié aux éditions Le Bord de l’eau : Manifeste convivialiste. Déclaration d’interdépendance. Alain Caillé, sociologue à l’origine de ce projet, a rassemblé 64 intellectuels, parmi lesquels Serge Latouche, Edgar Morin et Patrick Viveret, autour du convivialisme, comme réponse aux quatre crises morale, politique, écologique et économique qui menacent l’humanité. Ce ne sont pas les initiatives qui manquent, c’est leur regroupement autour d’un principe fort et identifiable par tous. Tel est l’objectif de ce livre. Montrer qu’au-delà des divergences, un autre monde est non seulement possible mais indispensable.

>> Lire l’interview d’Alain Caillé sur Lavie.fr

>> Un site dédié, http://lesconvivialistes.fr/

>>Découvrez Patrick Viveret et son dernier ouvrage, La cause humaine : du bon usage de la fin d’un monde dans l’émission de France Culture, Les Racines du ciel du 17 février 2013.

L’évènement Dialogues en humanité a eu lieu du 5 au 7 juillet 2013 à Lyon, dans le parc de la Tête d’Or, sur le thème « Osons la métamorphose pour réussir le 21ème siècle ». Dialogues en humanité, mouvement initié en 2002 lors du Sommet Mondial de Johannesburg, est un forum, propice à l’échange et à la rencontre autour de la question humaine. Pour en savoir plus : http://www.dialoguesenhumanite.org/

SITE A LA UNE_ Say Yess.com, passons à l’action http://www.say-yess.com/

Créé par le Programme Jeun’ESS, Say Yess a pour objectif de promouvoir l’Economie Sociale et Solidaire auprès des jeunes et de soutenir les initiatives dans le domaine. Au menu, beaucoup de découvertes et un maximum d’idées.

Revue de presse – gaz de schiste – 15/07/13

Les récentes déclarations d’Arnaud Montebourg sur les gaz de schiste ont déclenché la surenchère dans les médias.

Avec l’arrivée de Philippe Martin, nouveau ministre de l’Ecologie, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif a jeté un pavé de plus dans la mare, en remettant au cœur de l’actualité le débat autour des gaz de schiste. Ce sujet « écologique », s’il en est un, déchaîne les passions. Chacun y va de sa plume, pour le pire et pour le meilleur. Les articles contradictoires se multiplient.

Fort à propos, Arte a diffusé mardi soir Gasland, un documentaire à charge sur les gaz de schiste aux Etats-Unis. Revoir Gasland sur Arte +7 jusqu’à demain, mardi 16 juillet 2013.

Arnaud Montebourg fait donc appel aux « écologistes responsables » en proposant la création d’une compagnie publique et nationale d’exploitation des gaz de schiste et estime qu’une technologie d’extraction propre pourra faire l’objet de recherche et être ainsi privilégiée. Selon le ministre, cette agence permettrait d’assurer « le financement de la mutation énergétique du pays ». Lire l’article

De l’avis de Jean-Marie Chevalier, professeur émérite à l’Université Paris-Dauphine où il a dirigé le Centre de Géopolitique de l’Energie et des Matières premières sur Marianne.net « actuellement le point de blocage réside dans la rénovation du code minier, qui permettrait de séparer les autorisations d’exploration et d’exploitation ». Et qu’avant de se priver d’une ressource énergétique potentiellement importante, il faut s’assurer des réelles réserves du sous-sol via l’exploration. Puis, si le prix de ces gaz non-conventionnels était estimé inférieur à celui des fournisseurs actuels de la France, le pays aurait tout à y gagner en termes économiques et de négociation. En revanche, il ne faut pas compter sur une baisse des prix à la consommation et sur la réelle opportunité de financement de la transition énergétique grâce à l’exploitation des gaz de schiste.

Audrey Garric sur Le Monde.fr pose la question : « quelles quantités de gaz de schiste dorment réellement sous nos pieds ? ». Bien que les réserves de gaz de schiste soient estimées à 3 900 milliards de m3 en France, rien n’est définitif dans ces chiffres. Car, seuls l’exploration et des tests de production permettent de déterminer à la fois la productivité de chaque puits – sa quantité en hydrocarbures – et le taux de récupération, qui mesure la partie du gisement techniquement extractible. Et, en France, la fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui disponible pour l’exploration et l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste, est interdite depuis la loi Jacob du 13 juillet 2011, en raison de risques pour l’environnement, jugés trop élevés.

Mais, les quantités indiquées en France ont d’ores et déjà été minorées par rapport au 5 100 milliards initialement indiquées en 2011 (- 23 %). Et, les premières estimations de la richesse du sous-sol, sont également remises en cause dans d’autres pays. La Pologne, qui s’était lancée dans des forages exploratoires, a vu ses réserves annoncées divisées par 10. Aux Etats-Unis, les prévisions restent incertaines et les coûts d’extraction ajoutés à l’opposition d’une partie de l’opinion entrent également dans la balance contre les gaz de schiste.

De son côté, l’économiste Thomas Porcher conteste l’intérêt économique de l’exploitation des gaz de schiste et fait valoir sa position. Il n’hésite pas, dit-il,  à « répond[re] à toutes les invitations: celles de tous les médias, mais aussi celles des associations et des mairies, de droite comme de gauche. Les lobbys, eux, ne manquent pas une occasion de faire entendre leur voix ».

Toujours est-il que François Hollande a souhaité clore le débat lors de son discours du 14 juillet en indiquant que, lui président, « il n’y aura pas d’exploration du gaz de schiste ».

Reste qu’il y a eu un sacré buzz pendant 36h pour pas grand-chose de neuf finalement… Dixit le blog « A perdre la raison ».

Pour ma part, lorsque l’on parle de transition énergétique, j’entends changement de paradigme, pas seulement un prolongement des choix économiques énergétiques faits jusqu’à présent. Alors, véritable transition ou écran de fumée ?

Au sujet de cette fameuse transition énergétique, un bel article de Médiapart invite à découvrir l’approche de la transition énergétique d’Amory Lovins, physicien, président et directeur scientifique du think tank Rocky Mountain Institute. La transition énergétique serait non seulement au service du business, mais aussi de la démocratie et de la justice sociale. La question de la décentralisation comme facteur de risque concernant la fiabilité du réseau et l’augmentation des prix de l’énergie n’en est plus une dans l’approche d’Amory Lovins. S’il y a un article à lire aujourd’hui, je vous conseille celui-ci. S’il peut sembler utopiste, il a le mérite d’ouvrir des perspectives.

Pour plus d’articles sur les gaz de schiste, 3 scoop-it veillent :

http://www.scoop.it/t/petrole-et-gaz-de-schiste

http://www.scoop.it/t/stop-gaz-de-schiste-rhone-alpes-nord

http://www.scoop.it/t/schiste2

J’ai lu pour vous : La Troisième Révolution industrielle de Jérémy Rifkin

Bénévole pour les Amis de la Terre à Paris, j’ai récemment écrit un article pour leur journal La Baleine. Retrouvez-moi dans le numéro de mars 2013 dédié à la transition énergétique, en page 15 dans la rubrique Coin des livres. J’y présente l’ouvrage La Troisième Révolution industrielle de Jeremy Rifkin, qui propose sa vision de la transition énergétique.