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Un temps de neige

Une fine poussière flotte dans l’air. Par cette fenêtre. Puis, cette autre fenêtre. En fait, il commence à neiger. C’est drôle, on aurait dit que quelqu’un agitait son chiffon de poussière au-dessus du toit.

Le regard se détourne un temps pour mieux s’apercevoir quelques minutes plus tard qu’il neige. Oui, la neige nous prend par surprise. Et finalement, on se laisse prendre à cette activité si peu productive qu’elle en devient jubilatoire et hautement subversive : regarder les flocons de neige tomber doucement sur l’après-midi gris et sentir le calme monter en soi.

Sous la fine couche de neige qui s’installe lentement sur le sol froid, le moindre tas de branchages prend des allures de noblesse. C’est beau.

Blanc comme neige. Faire page blanche. Peau neuve. La renaissance. Célébrer le renouveau. Et ne rien faire. Juste être là dans la douceur du froid enveloppant qui nous prend et nous apaise. Se laisser aller doucement le nez dans une tasse fumante.

Rien ne bouge dehors. Pas même les oiseaux qui se font invisibles. Le front contre la fenêtre, on regarde ce léger manteau, pensif. Les flocons tombent. A leur guise. Dans tous les sens. Doucement.

Ça tient. Si ça dure toute la nuit, la surprise risque d’être de taille au réveil. On n’y croit pas trop. C’est rare l’épais manteau neigeux ces années-ci.

La neige qui tombe, c’est comme une trêve. Tout semble au repos. Pas anéanti, mais adouci. On a presque envie de chuchoter pour ne pas troubler le travail de la nature. Il fait son œuvre ce travail, il nous invite à s’arrêter. Le craquement de la neige sous nos pas, voilà la seule chose que l’on a envie d’entendre.

Le soir tombe. On ne distingue plus la neige qui tombe à part dans les lampadaires de la rue. Dans le noir, le blanc s’estompe et se fond dans la masse. C’est la nuit. On oublie.

Cloé Przyluski

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