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Proposition d’écriture #1 : la moutarde me monte au nez

La moutarde me monte au nez. Je ne l’ai pas vu venir. Je la sens, c’est déjà trop tard. Elle monte, elle monte, comme la petite bête. Elle se laisse venir, elle prend son temps sans trop. Juste assez pour qu’on puisse sentir l’inconfort s’installer doucement. Qu’on sente qu’elle est là.

Elle flâne en chemin. Elle chatouille les narines. Elle picote le nez. Elle ressort par les yeux. On en pleure. La moutarde prend par surprise. Rarement on l’attend. On se laisse surprendre pourtant à chaque fois.

Tout est une question de dosage. Pas assez, on la cherche. Trop, c’est trop. C’est trop tard. Chaque fois, on se dit qu’on ne nous y reprendra pas. Chaque fois, c’est la même sérénade.

On le sait. Depuis toutes ces années. La moutarde, ça pique. Il faut savoir raison garder. Ne pas s’emballer. Pourtant, on peut se faire toujours avoir. La moutarde, ce n’est pas juste de la moutarde, dira la Dijonnaise toute en nuances que je suis. Toutes n’ont pas la même intensité. On n’est pas dedans avant d’y avoir goûté.

C’est un jeu de voir celui qui va pouvoir le mieux gérer la sensation. Cette sensation forte de la moutarde qui monte au nez. Rester digne surtout. Ne pas montrer que le feu nous a pris. Résister tant bien que mal. Notre corps va nous trahir sur ce coup, on le sait. Le nez qui coule, ça ne trompe pas.

Ça se passe surtout dans le nez. On l’a dans le nez. Comme ce mec qui me gonfle là. Je sens la moutarde qui me monte au nez. A bien y ressentir, la sensation est assez similaire. Ça fulmine à l’intérieur, avant d’éclater au grand jour. Sauf qu’avec la moutarde malgré la brûlure, on en joue. La colère, elle, monte, monte, toujours comme la petite bête, mais ne redescend pas si vite que ça. Elle a même la fâcheuse tendance à pourrir la vie. Comme un plat trop moutardé. Il est gâché.

En travers du pif, il est. Que faire ? Que faire quand la moutarde nous monte au nez ? Un bon coup de gueule, la réaction à chaud, à vif, mordre sur le moment. Ou attendre que cela retombe. Retrouver notre sang-froid avant de mordre mais plus subtilement cette fois. Avec plus de mesure. Mais mordre quand même. Est-ce que cela vaut le coup d’aller au combat ?

Quand ça chauffe trop : sortir prendre l’air. Porter son attention sur le dehors. Marcher. Respirer. S’échapper. Voyager même. La rue, le jardin. Voyage express dans l’ordinaire. Tout cadre de vie peut nous emmener ailleurs. L’essentiel est dans l’attention au détail.

On ne va pas se laisser gâcher notre bon plaisir par une fausse note. On a décidé de prendre du plaisir dans la vie. L’inopportun n’a rien à faire ici. Ici, maintenant, dehors, il ne nous atteint plus. C’est magique.

Quinze minutes salutaires à s’offrir. Et ô miracle, ce temps pris à faire autre chose a le don de remettre les choses en place et de clarifier la situation.

En rentrant, on va quand même lui dire deux mots à ce mec. Il ne va pas s’en tirer à si bon compte !

 

A vous ! Vous la sentez cette moutarde qui vous monte au nez. A partir de cette phrase, « La moutarde me monte au nez. », écrivez ce que cela vous inspire. A vous l’expérience de la moutarde à midi. Lâchez-vous, écrivez sans réfléchir, ce qui vous vient. Juste pour voir. Orthographe, grammaire, ponctuation, on oublie tout. Partagez si le cœur vous en dit.

Cloé Przyluski – Un monde en herbe

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