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Comme une étoile filante

La vie file comme une étoile filante.

La vie file sans s’arrêter. 2017 est déjà passée. Noël, le jour de l’an, l’épiphanie. Pfuit ! En fumée jusqu’à la prochaine fois. Et la valse recommence indéfiniment tous les ans. A peine le sapin est-il fait que c’est l’heure de le défaire. Chaque année, on a l’impression que Noël s’affiche de plus en plus tôt et que tout s’arrête brusquement sitôt que la fête est finie. On remballe les paquets cadeaux dans le sac poubelle et on passe déjà à autre chose. Pas le temps de se retourner. De dire ouf.

Comme l’étoile filante, la vie ne se retourne pas. Elle ne s’arrête pas pour regarder où elle en est. Elle fonce, elle sait que son existence est éphémère, elle n’a pas de temps à perdre. Et on a intérêt à être présent au moment où elle s’exprime car le spectacle est intense mais de courte durée. Comme la vie, elle mène son passage éclair sur Terre au pas de charge.

Si l’on n’y prend pas garde, la vie risque même de nous passer sous le nez. La course contre la montre a tendance à jouer contre nous. Mais qu’importe, on essaie de voir jusqu’où l’on est capable d’aller, de tenir la cadence. A ce jeu-là, on risque de perdre, mais bon on a l’impression d’être dans le mouvement, de faire partie de la fête. Plus ça va vite, plus le challenge est alléchant. Va-t-on arriver à rayer toutes les tâches de la liste, à s’organiser au mieux pour toujours en faire plus. Alors c’est ça notre vie ? C’est donc ça qui nous fait vivre ? Avait-on imaginé une telle vie ?

Avait-on imaginé un tel rythme pour nous-mêmes ? Pour notre corps ? Pour notre esprit ? Et si on imaginait autre chose ? Une vie que l’on prend le temps de vivre et d’apprécier.

Certes, l’étoile filante file dans le ciel à la vitesse de l’éclair. Même plus vite encore. Mais, c’est aussi ce qui la rend magique. A la recherche de l’étoile filante dans le ciel d’été, on est enfin réellement présent à la vie. On est là, dans l’herbe humide de rosée, aux aguets. On ne lâche rien, les sens en éveil. Le torticolis nous guette. Qu’importe.

La dernière fois que l’on a fait ça reste très clair dans notre esprit, alors que ça n’a l’air de rien, regarder les étoiles dans une nuit d’été. Pourtant, ce soir-là, nous nous sommes sentis terriblement vivants. Juste là à la place où l’on devait être.

Ces moments de temps suspendus donnent le sel à notre vie. A un moment donné, on avait décidé de prendre le temps de s’allonger dans l’herbe et de regarder sans se soucier de l’heure, du temps qui passe. Seule la quête de l’étoile filante comptait.

Alors oui qu’est-ce qui compte le plus pour nous ? Rayer des tâches sur un bout de papier dans l’espoir d’atteindre enfin le repos. Des tâches dont on ne sait même plus si elles sont utiles et indispensables. Ou prendre le temps de se dire que le monde ne va pas s’écrouler si l’on s’arrête de courir. Et s’arrêter pour voir ce qui a du sens pour nous. Et réfléchir à l’intérêt de faire toutes ces tâches dans une telle frénésie que l’on en perd la conscience de soi et de ses possibilités qui dorment en nous. Quand notre potentiel créatif, notre force de vie, notre créativité peuvent-ils s’exprimer si on ne leur en laisse jamais le temps ?

Alors oui, c’est déroutant de descendre du train en marche, effrayant même, mais qu’est-ce que ça peut faire du bien. Carrément jouissif. Au loin, déjà le brouhaha s’estompe. Déjà on s’imagine, dans une chaise longue par une chaude journée d’été et rien qui ne vient rompre notre repos. Déjà, on se voit le nez plongé dans un livre qui nous aspire irrésistiblement au fond de notre lit. Déjà, on entend une petite voix nouvelle qui nous dit : « viens, on devrait essayer de faire ça ! ». Car oui s’arrêter c’est aussi laisser une chance à de nouvelles expériences de germer dans notre esprit. S’arrêter pour mieux repartir. Ça donne envie non ?

Cloé Przyluski

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