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La distance et l’engagement. Prendre de la distance

A l’écoute des informations de la rentrée, en éteignant rageusement dès le réveil le bouton de la radio, on se dit qu’il va être nécessaire de couper un peu sur cette boucle infernale sous peine de se retrouver au fond de notre lit au bout de trois jours. Au retour de vacances, ça la fout mal.

Ce n’est pas parce que l’on va ressasser sans cesse, sans aucune distance, se noyer dedans que l’on va pour se donner envie de s’engager. Au contraire, cela va avoir tendance à bouffer toute notre énergie. Celle dont on a besoin pour s’engager dans l’action. Notre action. Celle qui nous est chère.

L’exaspération, la colère peuvent être de bons moteurs à l’action, sur le moment. A chaud. Mais alors quelle forme prendra l’action ? Et être toujours en colère ne rend pas service à notre santé.

Exemple du moment. Si l’on prend les ordonnances proposées par notre nouveau président. Ben oui. On a le droit de ne pas être d’accord. Ou même d’être d’accord. Mais prendre de la distance, c’est le faire surtout quand quelque chose ne nous convient pas dans notre vie. Quand on est d’accord, on se réjouit, on en profite. A l’inverse, on a tendance à se figer. Rien que l’évocation provoque l’énervement.

C’est là que la distance est salutaire. Prendre de la distance ça fait du bien.

Cela ne sert à rien de se repaître dans toutes les informations diffusées à droite et à gauche. Cela ne fera rien changer de rester râler tout seul dans son coin et notre bien-être en prendra un bon coup.

Donc on s’éloigne. On choisit ce que l’on lit, ce que l’on entend avec soin.

Sans pour autant renoncer à faire quelque chose, à s’engager. On regarde de loin pour mieux penser, pour être plus fort, mieux armé.

Prendre de la distance, ce n’est pas s’en foutre. Ce n’est pas couper les ponts. Ce n’est pas ne rien faire.

C’est la distance nécessaire avant l’engagement. Sinon, si l’on écoute le reste du monde, on risque de perdre la foi en notre capacité d’action. Si l’on écoute tout ce qui se dit et que l’on se laisse gagner par cette frénésie d’informations, cela ne sert plus à rien de s’engager, les dés semblent jetés. Et on a peur. Et on se replie sur soi et son nombril.

Faire l’essai de moins de radio, moins de télé, moins d’informations. De sélectionner les quelques informations que l’on lit. On en saura bien assez sur le sujet. Et on se sentira beaucoup plus léger, beaucoup plus à même d’agir.

Le tout est de prendre de la distance pour se concentrer sur ce qui est important pour soi, avant de et afin de revenir frais et dispos pour s’engager dans l’action qui vaut la peine.

Et il y a un temps pour tout. Le temps adéquat, le temps juste. Parfois c’est le moment de prendre de la distance, parfois c’est le moment de s’engager. Sans plus attendre.

Loin des yeux, loin du cœur. N’en croyons pas un mot. La distance permet d’approfondir, de réfléchir posément, de se créer sa propre opinion. De croire en ce qui est important pour nous, avant de croire ce que nous disent les autres.

Prendre du recul, regarder de loin est le premier pas de l’action. Cela permet de garder son énergie intacte pour le moment du passage à l’acte. Notre foi est bien moins émoussée.

C’est subtil de prendre de la distance. Encore une fois, ce n’est pas renoncer. Ce n’est pas se concentrer sur soi et uniquement sur soi, sans se préoccuper d’autrui et de ce qui nous entoure. Même si cela peut sembler la seule réponse valable sur le moment.

C’est savoir poser ses limites sur l’acceptable par nous. C’est se placer en tant qu’être humain parmi les humains. C’est revenir aux fondamentaux. Il ne s’agit pas de se détourner de la réalité. Il s’agit de s’ancrer dans le réel, le présent et ce qu’il est possible de faire là maintenant pour prendre soin de soi, se respecter et respecter son quotidien, son environnement de vie.

Tout est lié. Si l’on ne prend pas soin de soi, les autres ne prendront pas soin de nous non plus. Si l’on se fiche du reste du monde, que l’on en prend pas soin, alors tout le monde aura à en subir les conséquences. Et ainsi de suite. Donc, il ne s’agit pas de se détourner de la réalité. Non, non.

Cela demande une certaine discipline. Cela n’est pas simple. Cela implique d’être toujours dans le réel. On peut choisir sa réalité. Celle dont on a besoin au moment voulu. Au moment où l’on sent que cela nous agace, revenir aux choses simples. Encore une fois, sortir prendre l’air, écouter de la musique, danser, voir des amis, cuisiner, dormir, faire l’amour, lire, jardiner. Et y revenir au moment opportun. Cela change tout le regard que l’on porte sur les choses.

Tout est là. Dans l’équilibre entre la distance et l’engagement.

 Par Cloé Przyluski

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