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Prendre un café

Prendre un café. Tout un art. Toute une signification se cache derrière ces petits mots. D’ailleurs, on est même pas obligé de prendre un café. Tout est dans la déclaration. Dans l’acte de prendre un café. Lorsque l’on prononce ces mots, on annonce quelque chose. On annonce son intention de prendre du bon temps. De se détendre. C’est presque une revendication.

Seul ou à plusieurs. Le goût n’est pas le même. Seul, c’est le moment de se retrouver avec soi-même. A plusieurs, c’est le plaisir d’être ensemble, on papote de tout et de rien, on partage le café. A ce moment-là, passé le choix de la boisson, le plus important n’est plus le café, c’est les confidences que l’on se fait.

Revenons au café.

Le café – ou toute autre boisson chaude – c’est le réconfort. Le truc qui apaise, qui permet de faire le vide. Cela ne dure pas longtemps, mais le temps de le boire plus rien d’autre ne compte.

Le temps de l’attente du café est plus ou moins long. On le savoure d’autant plus. Parfois, on le désire longtemps ce café. On s’impatiente. On a les papilles qui s’éveillent et piaffent. Elles savent que le plaisir va être court mais intense. Il faut être prêt. Mais, alors quand il arrive, quel plaisir.

Il y a d’abord le bruit de la tasse posée sur la table. Puis, l’odeur nous monte au nez. A ce propos, on sent rapidement si le café sera bon ou pas. Puis, sucre ou pas sucre, on plongera la cuillère dedans pour incorporer la mousse ou la cueillir en surface avant de boire. Puis, vient le goût. Enfin. Une longue ou une petite gorgée, peu importe. Le plaisir est intact. A chaque fois.

Ceux qui prennent un café ont compris l’importance du geste. Ce geste affirme une liberté, une volonté de prendre le bon côté de la vie, une volonté de profiter de ce que la vie offre. Ce geste clame haut et fort : « Je suis là, tranquillement, installé au soleil, rien ne peut me déranger, ni même m’en empêcher. Je sais que c’est bon et j’en profite. »

Installer en terrasse d’un café, c’est aussi toute la vie que l’on voit défiler. Le folklore des gens qui passent. Le ballet des serveurs. On peut facilement rester là pendant un bon moment sans se rendre compte du temps qui passe.

Puis, finalement, quelque chose nous sort de notre contemplation. Un coup de fil. Un mot entendu. Ou quelque chose d’imperceptible. D’un seul coup, on regarde l’heure. Tout à notre bonheur, on en avait oublié ce rendez-vous calé depuis longtemps.

Presque à regret, on se lève et on part sans demander son reste. On a pris notre dose de détente. Et surtout, on sait qu’on pourra y revenir quand on veut.

 Par Cloé Przyluski

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